« TC-48 » - le vol

  • Le plan de vol du TC-48 est sujet à des interprétations, mais il prévoyait de traverser le Golfo de los Mosquitos pour un vol direct jusqu’à l'aéroport international Ilopango de San Salvador, capitale du Salvador.

Le vol


But

Le but est le vol d'instruction final des cadets (élèves officiers) de la 31e volée (promotion) de l'Ecole d'aviation militaire de la FAA. La délégation était répartie dans deux avions: le TC-48 et le T-43. Ils devaient voyager de conserve et relier Mendoza (Argentine) à San Francisco (Californie, Etats-Unis) en plusieurs étapes.

Plan de vol
Le plan de vol des avions prévoyait d'effectuer quelques escales en Argentine, puis de relier depuis Mendoza, Argentine, la base aérienne de Cerro Moreno à Antofagasta, Chili. Les appareils devaient se rendre ensuite à la base aérienne de Las Palmas, à Lima, Pérou et de là à la Howard Air Force Base (AFB) à Panama City, base de l'Armée de l'air des Etats-Unis au Panama.
Depuis Howard, le vol devait atteindre l'aéroport international Ilopango de San Salvador, capitale du Salvador, puis Mexico City et finalement San Francisco, Californie.

Vol effectué
Dès fin octobre 1965 (départ le 30 ou le 31 octobre selon les sources), les avions suivirent le trajet planifié, avec quelques problèmes techniques, notamment une défaillance de deux moteurs du TC-48, et ils atterrirent le 2 novembre à la Howard AFB au Panama.
L'étape suivante devait les mener à l'aéroport de San Salvador, à une distance d'environ 1150 km pour quelque 3h45 de vol. Le plan de vol le plus crédible présenté dans les différentes sources consiste en une navigation directe (en ligne droite), cap constant nord-ouest: survol de la mer des Caraïbes, traversée du territoire du Nicaragua par le sud (survol de Managua) et entrée au Salvador.

Le 3 novembre, tôt le matin, les deux avions décollèrent de Howard AFB, d'abord le T-43, suivi 5 à 6 minutes plus tard par le TC-48. Depuis le décollage du TC-48 de Howard AFB, à 5h49 (heure locale du Panama), jusqu'à sa disparition, l'appareil a apparemment établi des contacts radio avec des tours de contrôle (au Panama, Costa Rica, Nicaragua et Honduras) pour indiquer sa position et pour signaler des problèmes de moteurs. Mais les différents témoignages ne se recoupent pas et se contredisent. Ils émanent pour l'essentiel des communications officielles de la FAA, d'opérateurs de tours de contrôle, de rapports officieux et d'un pilote d'avion commercial.

En raison de ces divergences et de ces incompatibilités, il est impossible de se faire une idée du déroulement des faits. Ainsi, ni le chronométrage des événements ni les échanges radio ne peuvent être reproduits de manière fiable.

A un moment donné, il semble que le TC-48 ait signalé à la tour de Panama qu'il survolait le point Mike 5 (point de référence géographique en face du golfe de los Mosquitos, Panama). Certaines sources parlent d'une communication de routine tandis que d'autres font mention d'un état d'urgence signalé par l'appareil. Les sources s'accordent pour dire que le TC-48 demanda de l'aide par radio 50 minutes après son décollage.

Le pilote d'un avion commercial de la ligne aérienne costaricaine LACSA (Líneas Aéreas Costarricenses Sociedad Anónima), qui faisait la route San José (Costa Rica) - Miami, le capitaine Alvaro Protti, témoigna avoir capté un SOS du TC-48 et avoir communiqué avec lui. Cependant, la teneur des dialogues varie selon les sources. L'opérateur radio du TC-48 aurait informé Protti de problèmes dans les moteurs 3 et 4, l'un se serait arrêté et l'autre aurait été en feu. En compilant les sources, il aurait signalé à Protti deux positions. Se trouver à 45 minutes de Puerto Limón (Costa Rica), au-dessus de l'île de Veragua, et survoler Bocas del Toro (Panama). Protti aurait conseillé l'équipage d'atterrir à l'aéroport le plus proche, sur la piste de Puerto Limón, puis il aurait alerté le contrôle aérien à San José (Costa Rica) et au Panama.

A l'issue de ces ultimes échanges radio, le TC-48 survolait donc la mer des Caraïbes, à environ 80 km de la côte s'il suivait toujours l'itinéraire le plus vraisemblable, dans la région frontalière entre le Panama et le Costa Rica. Il a pu décider de mettre le cap sur Puerto Limón, ou tenter de rallier la côte pour un atterrissage d'urgence. Soit il s'est abîmé en mer soit écrasé à terre.

Le T-43, quant à lui, atterrit comme prévu à l'aéroport international Ilopango de San Salvador, mais il rebroussa chemin suite à la disparition du TC-48 pour participer aux recherches.

Témoignages non confirmés du vol d'un avion
Le 3 novembre au matin, plus d'une douzaine de témoins, villageois, ouvriers agricoles et radioamateur, auraient vu voler un avion à basse altitude, parfois décrit comme un quadrimoteur, parfois dégageant de la fumée noire, parfois suivi d'une forte explosion.
Leurs observations n'ont semble-t-il jamais été consignées dans aucun rapport, ni officiel ni officieux. Elles couvrent une vaste zone au sud de Puerto Limón (Costa Rica), le long de la côte costaricaine jusqu'à la frontière avec le Panama et à l'intérieur des terres jusqu'à Turrialba, à 70 km à l'est de Puerto Limón.
Les sources rapportent que ces témoignages ne présentent aucune analogie dans les horaires, les positions, les directions de vol et la description de l'avion.