Association - missions

  • L’Amérique latine contient de vastes territoires sans infrastructures terrestres et peu ou pas habités. Ses gigantesque forêts tropicales sont jonchées d'avions disparus à jamais.

Missions

Des centaines d’avions ont disparu en Amérique latine, un territoire de 20 millions de kilomètres carrés, le double de l’Europe continentale, avec la même densité de population que l’Islande: 2 habitants/km 2. Un peu moins de la moitié de la surface de l'Amérique latine, 8 millions de kilomètres carrés, est couvert de forets.

Dans un si vaste territoire, mal desservi par les infrastructures de surface et presque inhabité, l’avion est le moyen de transport privilégié ou obligatoire. Parmi les centaines d’avions manquant à l’appel, missing.aero a choisi quatre cas emblématiques.
Quatre cas à résoudre, quatre missions à mener.


1927 : « Port of Brunswick »

Le mercredi 25 août 1927, Paul Rinaldo Redfern, 25 ans, décolle de Brunswick, en Géorgie (Etats-Unis) pour un vol non-stop jusqu'à Rio de Janeiro.
Il est seul à bord du « Port of Brunswick » un Stinson SM-1 Detroiter (NX773) spécialement préparé pour ce qui devait être le vol non-stop en solitaire le plus long de l’histoire : 8500 km en 60 heures de vol. Pour comparaison, Charles Lindbergh venait de réussir en mai de la même année le vol New York - Paris de 5800 km en 33h30 de vol.

Les jours suivants le décollage de Redfern, les témoignages du passage d'un avion à des endroits distants parfois de centaines de kilomètres se succèdent. Au moins treize expéditions de secours ont été lancées à sa recherche, sans succès, sur un période de dix ans. Des témoignages plus que douteux, ou carrément mensongers, le situent tour à tour vivant de son gré ou prisonnier des indigènes au Venezuela, Brésil, Guyana, Suriname et Guyane française.

La mission « Port of Brunswick » a pour objectif de trouver des traces de l’avion de Paul Rinaldo Redfern, perdu quelque part en Amérique du Sud en 1927.


1933: « Cuatro Vientos »

Le samedi 10 juin 1933, Joaquín Collar Serra et Mariano Barberán y Tros de Ilarduya décollent de l'aérodrome de Tablada, dans la ville espagnole de Séville pour un vol qui devait les amener non-stop jusqu’à La Havane, Cuba puis, dans une deuxième étape, jusqu’à Mexico City.
Ils sont aux commandes du « Cuatro Vientos » un Breguet XIX GR Super Bidon, construit spécialement pour deux missions : réaliser un vol sans escale d’Espagne aux Antilles et ainsi battre le record du vol transatlantique le plus long, et explorer une liaison aérienne sur l’Atlantique central qui servirait de route pour toutes les communications aériennes entre l'Europe et l'Amérique centrale.

Le vol termina avec succès sa première étape de quelque 7800 km et se pose à Camagüey, Cuba, après 40 heures de vol non-stop, puis il redécolle pour La Havane afin de préparer la deuxième partie de son périple : rejoindre sans escales l’aéroport Balbuena de Mexico City (Ciudad de Mexico), puis continuer vers les Etats-Unis.

Le 20 juin 1933, le « Cuatro Vientos » décolle de l’aéroport de Columbia, à La Havane, à 5h52 pour rallier Mexico City en empruntant la route commerciale habituelle des avions de ligne : La Havane, canal du Yucatan, Merida, Campeche, Ciudad del Carmen, Villahermosa, Minatitlán et Veracruz, puis atteindre l’altiplano en évitant de survoler les volcans.
Le plan prévoit 12 heures de vol pour franchir une distance de 1920 km.

Ciudad del Carmen est le dernier lieu officiellement reconnu où l'avion fut observé à 10h45. Des témoins indiquent qu'ils virent l'avion survoler la ville, décrire un large cercle au-dessus de l'aérodrome et mettre le cap à l'ouest par la côte, en direction de Veracruz.
Selon des sources non officielles, le « Cuatro Vientos » aurait ensuite été observé et entendu en différents lieux du trajet jusqu'à Villahermosa.

Le même jour à 20h30, l’absence de nouvelles du « Cuatro Vientos » sonne l’alerte et les recherches commencent le lendemain.

Les opérations de secours officielles, par voie aérienne et terrestre, se déroulèrent durant presque un mois. Sans résultat aucun.
La découverte d'une chambre à air appartenant probablement au « Cuatro Vientos », trois jours après le drame, sur une plage du golfe du Mexique, accrédita la thèse du crash en mer.
Cependant, une rumeur fit son apparition huit ans après les faits et se prolongea jusqu'à aujourd'hui dans certains milieux, basée sur des témoignages oraux et écrits d'un crash de l'avion dans la Sierra Mazateca et de l'assassinat des deux membres d'équipage à des fins de rapine. Cette rumeur fut confortée par la découverte dans une grotte du Cerro Guacamaya (Sierre Mazateca) des restes enterrés d'un avion et de ses deux occupants. Aucune confirmation de leur appartenance au « Cuatro Vientos » ne put cependant être fournie. Finalement des recherches sous-marines dans le golfe du Mexique ne donnèrent aucun résultat non plus. Le mystère demeure entier.

La mission « Cuatro Vientos » a pour objectif de trouver des traces de l’avion de Joaquín Collar Serra et Mariano Barberán y Tros de Ilarduya, perdu quelque part au Mexique en 1933.


1965: Fuerza Aérea Argentina « TC-48 »

Le dimanche 31 octobre 1965, deux avions de transport de la Fuerza Aérea Argentina (FAA) quittent Cordoba (Argentine) pour relier en plusieurs étapes la Californie (Etats-Unis). Il s'agit du voyage d'instruction de fin d'études des cadets de l'Ecole d'officiers de la FAA. Les avions portent les immatriculations militaires T-43 et TC-48.

Le mercredi 3 novembre 1965 au matin, les deux avions quittent la base aérienne Balboa-Howard, à Panama City, capitale du Panama, pour un vol direct qui devait les amener à l’aéroport international de Ilopango à San Salvador, capitale du Salvador. Les deux avions se suivent à quelques minutes d’intervalle. Le T-43 atterrit à sa destination sans incident.

Le TC-48 est un Douglas C-54 G (s/n 35983) construit en 1945, version militaire du quadrimoteur de transport civil Douglas DC-4. Il transporte 9 membres d’équipage, 5 passagers et 54 cadets.

Des informations non vérifiées signalent le TC-48 en détresse avec un ou deux moteurs en feu, sur mer ou à l’intérieur des terres, en communication radio ou par des témoins directs.

D'importantes opérations sont lancées immédiatement à la recherche de l’avion, au Panama et au Costa Rica, sur terre et sur mer. Un rapport de la FAA conclut à un crash en mer et la première vague de recherches est arrêtée.
Néanmoins, des témoignages invérifiables estiment que l’épave du TC-48 se trouve dans la jungle entre le Panama et le Costa Rica, associés à des récits rocambolesques et farfelus.

Des familles des disparus entreprennent régulièrement des recherches au sol et la FAA, à plusieurs reprises, a relancé des recherches au sol dans la même région, sans succès.
En 2016 encore, la FAA annonce l’envoi d’une expédition de recherche.

La mission « TC-48 » a pour objectif de trouver des traces de « l’avion des cadets », perdu quelque part en Amérique centrale en 1965.


2014: Air Services « 8R-GHE »

Le dimanche 28 décembre 2014, un bimoteur de l’entreprise aérienne Air Services Limited (ASL) décolle pour un vol en Guyana, entre l’aéroport de Mahdia et celui de Karisparu, à 50 km de là.

L’avion, un Britten-Norman BN-2A-6 Islander (c/n 269), construit en 1971, arbore les couleurs de son entreprise et porte l’immatriculation civile 8R-GHE. A son bord, deux membres d’équipage et une cargaison indéterminée.

Malgré des recherches intensives menées pendant 21 jours, le sort du 8R-GHE et de son équipage reste inconnu.

La mission « 8R-GHE » a pour objectif de trouver des traces du Islander  8R-GHE de Air Services, perdu quelque part en Guyana en 2014.